Découvrez les vraies différences chiffrées (besoin de chauffage, énergie primaire vs finale, étanchéité à l'air, confort d'été) et pourquoi EKOHE recommande d'aller au-delà de la réglementation.
Quand on parle de construire une maison performante aujourd'hui, la plupart du temps, on ne vous parlera que de la RE2020, la réglementation en vigueur pour toute construction neuve, et beaucoup plus rarement de la maison passive, un standard volontaire souvent présenté comme l'excellence en matière de sobriété énergétique.
Futurs propriétaires, perdus avec des chiffres qui ne sont pas directement comparables, vous pouvez légitimement vous demander : « si ma maison est conforme RE2020, n'est-elle pas déjà "passive" ? »
La réponse est non. Et la différence n'est pas qu'une question de vocabulaire : elle se mesure en kilowattheures, en degrés de confort et, pour finir, sur votre facture d'énergie pendant les 30 prochaines années. Pour comparer correctement ces deux approches, il faut d'abord comprendre comment l'énergie se mesure — parce que RE2020 et Passivhaus ne parlent pas toujours des mêmes grandeurs.
Un préalable indispensable : énergie finale, énergie primaire, besoin de chauffage
Avant d'entrer dans le comparatif, un point de vocabulaire essentiel — celui sur lequel la plupart des comparaisons simplifient à l'excès.
L'énergie finale, c'est ce que votre compteur mesure. Les kWh que vous payez à votre fournisseur. Si votre pompe à chaleur consomme 500 kWh d'électricité en janvier, c'est 500 kWh d'énergie finale.
L'énergie primaire, c'est l'énergie qu'il a fallu puiser dans la nature pour produire et acheminer cette énergie finale jusqu'à chez vous — pertes de production et de transport incluses. En France, la réglementation RE2020 applique un coefficient de conversion de 2,3 à l'électricité : chaque kWh électrique consommé compte pour 2,3 kWh d'énergie primaire dans le calcul réglementaire. Pour le gaz ou le bois, ce coefficient est de 1,0 (quasi pas de pertes à la conversion). Ce coefficient est délibérément maintenu à 2,3 dans la RE2020 — distinct des 1,9 applicables au DPE depuis 2026 — pour ne pas inciter à un tout-électrique qui fragiliserait le réseau en pointe hivernale.
Le besoin de chauffage, est une notion différente des deux précédentes : c'est l'énergie thermique théorique qu'il faudrait apporter à la maison pour maintenir une température de confort, indépendamment de tout système. C'est la quantité de chaleur que perd votre bâtiment par son enveloppe — pas ce que votre chaudière ou votre PAC consomme réellement. Une pompe à chaleur de COP 4 produit 4 kWh de chaleur pour 1 kWh d'électricité consommé : besoin de chauffage et consommation finale sont donc très différents.
Ces trois notions sont au cœur de la confusion fréquente entre RE2020 et Passivhaus.
Ce que la RE2020 exige réellement
La RE2020 s'applique à toute maison individuelle dont le permis de construire est déposé depuis 2022, avec des seuils qui se durcissent par paliers tous les trois ans (le palier actuel court sur 2025-2027). Elle repose sur plusieurs indicateurs chiffrés, vérifiés par une étude thermique obligatoire et contrôlés à la livraison.
Le Bbio mesure la qualité bioclimatique de l'enveloppe du bâtiment en agrégeant les besoins de chauffage, de refroidissement et d'éclairage. C'est un indicateur sans unité physique d'énergie — il évalue la conception du bâti indépendamment de son système de chauffage.
Le Cep et le Cep,nr plafonnent respectivement la consommation d'énergie primaire totale et non renouvelable, exprimées en kWh d'énergie primaire par m² et par an. Pour une maison individuelle en zone H2 (Bretagne incluse), ces seuils sont de l'ordre de 70 à 85 kWh EP/m²/an (Cep,nr) selon la configuration du projet, pour cinq usages standardisés : chauffage, refroidissement, eau chaude sanitaire, éclairage et auxiliaires de ventilation. L'électroménager n'est pas inclus dans ce périmètre. Concrètement : une maison RE2020 bien conçue, chauffée par une pompe à chaleur de COP 4, peut afficher un Cep,nr de 35 à 50 kWh EP/m²/an. En énergie finale, avec le coefficient 2,3, cela correspond à une consommation électrique réelle de 15 à 22 kWh/m²/an pour l'ensemble de ces cinq usages. C'est déjà très correct — mais l'objectif réglementaire porte sur l'énergie primaire, pas sur ce que vous payez réellement.
Le test d'étanchéité à l'air est obligatoire à la livraison : le seuil RE2020 est de 0,6 m³/(h·m²) sous 4 Pascals de pression (mesure dite Q4Pa-surf).
Les degrés-heures (DH) plafonnent l'inconfort estival à 1 250 °C·h sur une simulation en scénario caniculaire, forçant à concevoir passivement contre la surchauffe.
La RE2020 marque un vrai progrès par rapport à la RT2012 : elle intègre pour la première fois le confort d'été, l'impact carbone des matériaux et renforce l'étanchéité à l'air. Mais elle reste une réglementation minimale, conçue pour s'appliquer à tous les types de projets et tous les budgets. C'est un plancher, pas un plafond.
Le standard Passivhaus : une autre logique de performance
Le label international Passivhaus, porté par le Passivhaus Institut de Darmstadt (Allemmagne), ne raisonne pas comme une réglementation nationale. Il fixe des objectifs de performance absolus, vérifiés par un logiciel de calcul thermique dédié (le PHPP), indépendamment de la zone climatique ou de la forme du projet. Quatre critères doivent être respectés simultanément.
Besoin de chauffage ≤ 15 kWh/m²/an. C'est le critère central — et le plus souvent mal compris. Ces 15 kWh/m²/an ne sont ni une consommation d'électricité ni une consommation d'énergie primaire : c'est l'énergie thermique que la maison doit recevoir de son système de chauffage pour rester à 20 °C toute l'année. En dessous de ce seuil, les apports gratuits — soleil, chaleur dégagée par les occupants et les appareils électriques — suffisent à l'essentiel. Si le chauffage résiduel est assuré par une PAC de COP 4, ces 15 kWh/m²/an de besoin thermique se traduisent par seulement 3,75 kWh d'électricité finale consommée par m² et par an — une valeur quasi nulle comparée à toute construction conventionnelle.
Consommation d'énergie primaire totale ≤ 120 kWh EP/m²/an. Contrairement au Cep de la RE2020, ce seuil couvre absolument tous les usages du logement : chauffage, eau chaude sanitaire, éclairage, ventilation, et aussi tout l'électroménager (réfrigérateur, lave-linge, télévision...). Avec le coefficient 2,3 de l'électricité, 120 kWh EP/m²/an correspondent à une consommation électrique finale d'environ 52 kWh/m²/an pour la totalité des besoins du foyer. Pour une maison de 100 m², c'est environ 5 200 kWh/an d'électricité — tout compris. À titre de comparaison, le lave-linge, le lave-vaisselle et le réfrigérateur d'un foyer représentent à eux seuls environ 800 à 1000 kWh/an.
Étanchéité à l'air n50 ≤ 0,6 vol/h. La mesure se fait sous 50 Pascals de pression, soit plus de 12 fois la pression du test RE2020 (4 Pa). La même valeur numérique (0,6) ne désigne donc pas du tout la même performance : un bâtiment à la limite RE2020 serait très loin de satisfaire le critère Passivhaus. Pour donner un repère concret, une maison ancienne sans traitement particulier renouvelle son air environ 5 fois par heure sous 50 Pa ; le Passivhaus exige moins d'un renouvellement sur dix.
Moins de 10 % des heures de l'année en surchauffe (au-delà de 25 °C intérieur), atteint sans climatisation grâce à la compacité, aux protections solaires et à la ventilation double flux.
Le comparatif en 4 critères
| Critère | Maison RE2020 | Maison passive (Passivhaus) |
| Besoin de chauffage | Pas de seuil isolé — le Bbio agrège chauffage, refroidissement et éclairage sans unité physique d'énergie | ≤ 15 kWh thermiques/m²/an — avec une PAC COP 4, cela représente ~3,75 kWh d'électricité finale/m²/an pour le chauffage |
| Consommation d'énergie | Cep,nr ≤ ~70-85 kWh EP/m²/an pour 5 usages standardisés (hors électroménager) — soit ~30-37 kWh d'énergie finale électrique/m²/an avec une PAC | ≤ 120 kWh EP/m²/an pour tous les usages y compris l'électroménager — soit ~52 kWh d'énergie finale électrique/m²/an pour tout le foyer |
| Étanchéité à l'air | Q4Pa-surf ≤ 0,6 m³/(h·m²) sous 4 Pa | n50 ≤ 0,6 vol/h sous 50 Pa — protocole 12× plus exigeant en pression ; une maison ancienne non traitée affiche ~5 vol/h |
| Confort d'été | DH ≤ 1 250 °C·h en simulation caniculaire | < 10 % des heures annuelles à plus de 25 °C — sans climatisation |
| Coût | Référence du marché actuel | Surcoût indicatif de +10 à 25 % à la construction, compensé par une facture d'énergie stable divisée par 5 à 10 sur la durée de vie |
Ces ordres de grandeur varient selon la zone climatique, la surface et la configuration de chaque projet.
La comparaison éclaire une réalité souvent masquée par des chiffres qui semblent proches : RE2020 et Passivhaus ne mesurent pas les mêmes grandeurs, et là où ils mesurent la même chose (étanchéité à l'air, énergie), les conditions de mesure sont radicalement différentes. Être conforme RE2020 ne rapproche que modestement du standard passif.
Pourquoi EKOHE recommande d'aller plus loin que la norme
Chez EKOHE, nous pensons que la RE2020 ne doit pas être une fin en soi, mais une étape sur le chemin. Plusieurs raisons à cela.
L'énergie la plus écologique est celle qu'on ne consomme pas. Renforcer l'enveloppe à la conception coûte bien moins cher que de compenser par des équipements techniques toujours plus sophistiqués — et c'est la seule approche qui supprime durablement votre exposition à la volatilité des prix de l'énergie.
Le confort gagné est immédiat et perceptible. Une maison très bien isolée et étanche, c'est l'absence de parois froides en hiver, de courants d'air, et une fraîcheur naturelle en été sans avoir besoin de climatiser.
Les normes réglementaires montent en exigence tous les trois ans — paliers 2025, 2028, 2031. Construire dès aujourd'hui selon une logique proche du standard passif, c'est anticiper ces évolutions en allant au-delà et sécuriser la valeur patrimoniale de votre bien.
Notre expérience le confirme : le fondateur d'EKOHE, est certifié concepteur en bâtiment passif par le Passivhaus Institut, et nous intégrons cette exigence dans chacun de nos projets — construction neuve, extension ou rénovation — dans les environs de Fréhel (Cotes d’Armor).
Vous avez un projet de construction ou d'extension et vous vous demandez jusqu'où il est pertinent d'aller ? Découvrez notre approche du bâtiment passif et de l’habitat performant et échangeons ensemble pour étudier votre projet.
